Développement humain intégral

Kandi, Malanville et N’Dali accueillent un nouveau programme de réinsertion socioprofessionnelle des enfants talibés

Kandi, Malanville et N’Dali accueillent un nouveau programme de réinsertion socioprofessionnelle des enfants talibés

La lutte contre la mendicité des enfants dans les communes de Kandi, Malanville et N’Dali a franchi une nouvelle étape. Le 12 février 2026, au Centre pastoral Thomas Mouléro Kandi-fô, Caritas Bénin a officiellement lancé les activités du projet intitulé « Réinsertion socioprofessionnelle des enfants "Talibés" (en situation de mendicité) pour le renforcement de la cohésion sociale dans le nord Bénin », en présence des autorités locales, des services déconcentrés de l’État et des leaders religieux. Ce lancement a été précédé d’un atelier d’appropriation du projet, permettant aux différents acteurs de mieux comprendre ses objectifs et de s’engager activement dans sa mise en œuvre.

Dans les rues de Kandi, comme dans celles de Malanville et de N’Dali, ces enfants sont visibles à chaque carrefour, bol à la main ou accroché au cou.  Une réalité devenue banale, mais qui inquiète. Vulnérables, exposés à l’exploitation et parfois à des dérives plus graves, ils incarnent aussi une fragilité sociale que personne ne peut plus ignorer. Face à cette situation préoccupante, Caritas Bénin, avec le soutien financier de l’Agence Française de Développement (AFD), propose une approche de fond. « Former, accompagner et autonomiser », résume le père Raymond GOUDJO, Directeur National de Caritas Bénin. Pour le directeur national, la logique est claire : « Au lieu de leur donner du poisson, il faut leur apprendre à pêcher. » Une philosophie qui s’inscrit dans la durée, puisque l’organisation s’appuie sur une expérience entamée depuis 2017, ayant déjà permis la reconversion de plus de 300 enfants en artisans ou entrepreneurs locaux. C’est dans cette continuité que le nouveau projet, prévu sur trois ans (2025-2028), vise à aller plus loin. Il ambitionne d’accompagner 150 autres enfants vers une insertion durable, tout en renforçant la cohésion sociale dans ces zones du nord du Bénin. Au-delà de la formation professionnelle, il intègre un suivi psychosocial, l’implication des leaders religieux, et un dialogue renforcé avec les maîtres coraniques et les communautés. Cette démarche est saluée par les autorités locales, dont les interventions traduisent une volonté commune de répondre au phénomène de manière concrète. Représentant la mairie de Kandi, Abdou Yaya Mama DJIMA décrit une réalité bien visible : « Il suffit de parcourir nos grandes artères pour constater une situation qui inquiète plus d’un. » Il réaffirme l’engagement de la commune à accompagner pleinement l’initiative, estimant qu’après plusieurs études, ce projet apporte enfin une réponse structurée et attendue. Dans le même esprit, la représentante de la Direction départementale des affaires sociales et de la microfinance (DDASM) de l’Alibori souligne l’importance de considérer chaque enfant dans sa singularité. Pour Espéra GANDONOU, chaque enfant concerné est bien plus qu’une statistique : « Derrière chaque enfant talibé, il y a une histoire, un rêve, un potentiel. » Elle insiste sur le fait qu’au-delà de l’apprentissage d’un métier la réinsertion, « redonne une dignité, une identité et une place à chaque enfant dans la société. » Enfin, Monseigneur Clet FELIHO, évêque de Kandi, a donné au lancement officiel du projet une dimension profondément humaine et porteuse d’espoir. Il a souligné que ces enfants ne doivent pas être considérés uniquement comme un problème social : « Ce sont des individus porteurs d’une dignité que rien ne peut effacer. » Pour lui, chaque enfant réinséré représente à la fois un nouveau départ personnel et une contribution concrète à la stabilité et à l’unité de la communauté. L’évêque a également appelé tous les acteurs – autorités locales, leaders religieux, maîtres coraniques et familles – à s’engager ensemble : « La réinsertion de ces enfants est l’affaire de tous. Chaque enfant réinséré est une pierre posée pour la paix sociale dans notre région. » Il a insisté sur le rôle de chacun dans ce projet, porteur d’espoir pour que ces jeunes retrouvent dignité, protection et inclusion sociale.

En lançant ce projet de réinsertion socioprofessionnelle, Kandi, Malanville et N’Dali, Caritas Bénin et l’Agence Française de Développement montrent qu’il est possible de transformer la vulnérabilité en opportunité. Au-delà de la formation et de l’accompagnement, c’est un véritable pari sur la dignité, la sécurité et l’avenir de chaque enfant talibé. Porté par la Direction Nationale de Caritas Bénin et mis en œuvre par les Caritas diocésaines de Kandi et N’Dali, avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD) et l’implication de l’ensemble des acteurs locaux, le programme illustre la force de la responsabilité collective. Si le chemin reste long, le démarrage officiel des activités ouvre déjà une nouvelle page : celle où ces enfants peuvent enfin espérer un avenir stable, autonome et porteur de cohésion pour leurs communautés.